Nouveau découpage des cantons : ça coince déjà

Le nouveau découpage des cantons a été présenté au conseil général des Yvelines. Certains élus coincent déjà.

Dernière mise à jour : 03/12/2013 à 09:20

Yvelines : le nouveau découpage des cantons.
Yvelines : le nouveau découpage des cantons.

Le préfet des Yvelines Erard Corbin de Mangoux a présenté le nouveau projet de découpage des cantons dans les Yvelines devant les conseillers généraux réunis en séance plénière, vendredi 29 novembre. Mais leur avis ne sera que consultatif. Il est peu de dire que depuis sa diffusion, cette carte soulève un vrai tollé parmi les élus de droite du département. Le préfet est revenu sur la philosophie qui préside à cette nouvelle carte qui fera passer le nombre de cantons de 39 à 21. Mais il ne s’agit pas de baisser le nombre de conseillers départementaux (leur nouveau nom) car les électeurs voteront pour un homme et une femme dans chaque canton, soit 42 élus au lieu de 39 aujourd’hui.
Si baisser les dépenses publiques n’est donc pas la mamelle de cette réforme, quelle est-elle alors ? «Cette refonte des cantons repose  sur deux principes : la parité et rééquilibrer démographiquement les cantons», souligne le préfet. Depuis la création des Yvelines en 1967, la carte des cantons n’avait été modifiée que très partiellement (1982 création des cantons de Plaisir et de Trappes, 1985 création de celui de Vélizy, 1991 création de ceux de Versailles nord-ouest et de Montigny). Ainsi des déséquilibres très nets apparaissaient entre des cantons comme Viroflay 15 000 habitants) et Montigny (60 000 habitants).  Le projet doit gommer ces déséquilibres avec 67 000 habitants en moyenne par canton. Là, le moins peuplé sera celui de Saint-Cyr l’Ecole avec 53 000 habitants, le plus peuplé celui de Trappes avec plus de 80 000 âmes.

Des critiques aiguisées

Ainsi la nouvelle carte fait la part belle aux zones urbaines avec 17 cantons sur 21 et donne a contrario des cantons ruraux extrêmement vastes, tel celui de Bonnières, organisés autour d’une ville centre. «Il était difficile de suivre la carte des intercommunalités qui est encore imparfaite. C’est donc plus les bassins de vie (Val-de-Seine,  Grande ceinture de Paris, Versailles-Saclay, Saint-Quentin-en- Yvelines, forêt de Rambouillet et Portes de Normandie) qui ont retenu l’attention de l’Etat pour ce nouveau découpage.»
Pour les élus de droite, rassemblés sous la bannière Ensemble pour les Yvelines (Epy) et son président Olivier Lebrun (maire de Viroflay), le jugement est sans appel : «Baisser le nombre de cantons et augmenter  celui des conseillers départementaux, cherchez l’erreur ! Le PS se complet dans ce dogme favori : augmenter la dépense publique et la financer en levant l’impôt.»
Sur le découpage à proprement parler, la droite dénonce «un découpage avec des ciseaux socialistes. Manuel Valls, ministre de l’Intérieur en charge de cette réforme, a pris soin de ne pas regrouper des conseillers généraux socialistes entre eux. Au contraire, les bastions électoraux voisins favorables aux socialistes ont systématiquement été ajoutés aux cantons de leurs élus. Il eut été tellement plus cohérent de s’appuyer sur les intercommunalités. Cela révèle une absence de vision pour le département. Ces arrangements ne serviront pas la démocratie et les Yvelinois ne seront pas dupes. Il est regrettable que l’Etat s’éloigne à ce point de l’intérêt général.»

Ce que vos élus en pensent

• Cantons de Versailles :
Un premier canton garde une partie de Versailles intra-muros (dont l’élu est Alain Schmitz), tandis que l’autre rejoint Viroflay, Vélizy, Buc, Jouy, Les Loges, soit les territoires de quatre élus de droite (Olivier de la Faire (UMP-PCD) pour Versailles, Olivier Lebrun  (UMP) pour Viroflay, Joël Loison (UMP) pour Vélizy et Marie-Hélène Aubert (SE) pour le secteur de Buc.
- Selon Olivier de la Faire, «ce découpage ne respecte pas les communautés d’agglomération ni les circonscriptions, c’est un mélange de territoires. On sent très nettement l’avantage que l’on veut donner aux élus socialistes : on ne les met pas en difficulté, alors qu’on va mettre face-à-face des élus de droite. On va faire partir la moitié des élus en place, des hommes qui font un vrai travail ou qui sont bien implantés, sans savoir si on trouvera assez de femmes pour les remplacer. Le plus absurde est cette loi imposant un binôme homme- femme : c’est louable sur une liste, pas en uninominal. Le problème ne va pas être pour les femmes mais pour les hommes. D’autant que la loi sur le non-cumul des mandats va faire sortir des élus qui sont aussi des maires et on risque de perdre toute la puissance du conseil général. En ce qui me concerne, effectivement, avec Alain Schmitz nous sommes deux pour le même canton, mais on a un an pour réfléchir, comme tous nos collègues qui se trouvent dans le même cas de figure.»
- Pour Alain Schmitz, le président du conseil général, «la fusion entre les cantons existants est logique car les limites entre le nord et le nord-ouest étaient tout à fait artificielles. Cela redonne une vraie cohérence à ce canton.
Versailles est trop importante pour ne former qu’un seul canton et c’est une bonne chose que de l’avoir découpée ainsi, hormis pour Châteaufort et Toussus.
Maintenant, c’est vrai, nous sommes deux sur le même canton et il faudra qu’il y ait une discussion. Mais n’oublions pas que dans le cas d’une ville canton, le maire peut avoir son mot à dire et que François de Mazières aura peut-être envie que des élus de son conseil municipal soient candidats au conseil général. Mais ce problème n’est pas d’actualité : il y a un temps pour les municipales et un autre pour les cantonales, on verra donc cela après mars.»

- Marie-Hélène Aubert, maire adjoint de Jouy-en-Josas, trouve qu’il y a «maintenant une vraie cohérence territoriale, même si la nouvelle carte ampute Châteaufort et Toussus et que je trouve ça dommage.» La conseillère générale espère en tout cas garder son poste : «Nous allons déjà laisser passer les municipales. Mais il est certain qu’il faudra que je trouve quelqu’un qui respecte le fait que je sois sans étiquette, même si je peux m’allier avec une personne qui en a une. Et puis, nous ne savons pas vraiment comment les binomes vont s’organiser, s’ils partageront les compétences, les villes… Le tout est de bien s’entendre.» L’avantage de Marie-Hélène Aubert reste aussi qu’elle est une femme, à l’heure où la parité doit s’appliquer. Ce qu’elle ne dément pas : «Il faut reconnaître que cette loi nous aide. Elle donne un vrai coup de pouce aux femmes qui souhaitent se lancer en politique. Mais les compétences comptent aussi.»
- Pour Joël Loison, maire (UMP) de Vélizy, ce redécoupage va surtout créer une inflation du nombre d’élus alors que le projet de loi de 2010 voulait justement faire des économies en réunissant les assemblées régionale et départementale. «La cohérence envisagée par la loi de 2010 est passée à la trappe, tout comme l’efficacité accrue que permettait la fusion des conseillers régionaux et généraux. On rate des économies. Pour autant, le redécoupage ne me fait pas peur, ni le risque d’être en conflit avec Olivier Lebrun et Marie-Hélène Aubert. Ce redécoupage va nous “enquiquiner”, certes, il y aura des frustrations, mais nous règlerons les problèmes, intelligemment, j’espère, par des négociations entre nous. Je reconnais néanmoins  une meilleure représentation des populations par cette nouvelle carte électorale des cantons. Sur ce point, cette réforme va dans le bon sens.»

• Canton du Chesnay
Le nouveau canton regroupe principalement les anciens cantons du Chesnay et de La Celle Saint-Cloud, ceux de deux élus UMP, respectivement Philippe Brillault et Olivier Delaporte. «Il y a un problème de cohérence avec les intercommunalités, déplore Olivier Delaporte, maire et conseiller général (UMP) de La Celle Saint-Cloud. Il va falloir mettre un peu d’ordre dans tout ça ! Comment voulez-vous que les Français s’y retrouvent ?»
Cette nouvelle carte inspire à Philippe Brillault (maire UMP du Chesnay), deux axes de réflexion, «territorial et politique. La composition du nouveau canton du Chesnay est pertinente, car elle “rattache” Louveciennes dans le périmètre de Versailles Grand Parc, ce qui aurait été logique puisque les communes de Louveciennes, La Celle-Saint-Cloud et Bougival, constituaient une intercommunalité, aujourd’hui dissoute. Par contre, Noisy-le-Roi qui figurait dans la première carte a disparu et s’est ainsi dissociée de Bailly, séparant la dynamique du binôme Bailly/Noisy, c’est dommage. Sur le plan politique, il y aura naturellement des choix à effectuer.»

• Canton de Trappes
Élancourt, Maurepas, Trappes et La Verrière sont désormais regroupés dans le même canton. «Ce n’est en rien cohérent avec le découpage administratif. C’est juste calculé pour que ce canton reste à gauche», dénonce Pierre Le Guérinel, candidat (UDI) aux municipales à Maurepas.
Pour éviter ces problèmes à répétition de redécoupage, «on pourrait imaginer que le conseil général soit élu à la proportionnelle, ajoute l’élu maurepasien. Sinon, on va toujours retomber dans les mêmes travers.»

• Cantons de Rambouillet et Saint-Arnoult
Le canton de Rambouillet et celui de Saint-Arnoult devraient fusionner. Pour la conseillère générale du canton de Rambouillet, Christine Boutin (PCD), « l’unité territoriale est préservée. Cela ne change pas grand-chose. Il faut un homme et une femme, c’est aussi déjà le cas sur notre territoire ». Mais ce qui inquiète la conseillère générale dans ce nouveau découpage, ce sont les cas des communes de Gambaiseuil et de Saint-Léger qui sont regroupées avec celui de Montfort-Aubergenville. «Il n’y a aucune unité territoriale, culturelle, environnementale avec Flins et Aubergenville. Je suis intervenue auprès du préfet pour demander que ces deux communes soient raccrochées à celui du Sud-Yvelines», explique Christine Boutin qui n’écarte pas la possibilité d’être candidate en 2015.
Jean-Louis Barth, conseiller général (DVG) de Saint-Arnoult- en-Yvelines, «n’a rien à en redire. J’ai toujours pensé que les cantons de Saint-Arnoult et de Rambouillet finiraient par fusionner. Géographiquement, c’est logique.»

• Cantons de Houdan
Jean-Marie-Tétart, maire (UMP) de Houdan : «Le précédent gouvernement et Nicolas Sarkozy avaient proposé une réforme ou les conseillers généraux siégeraient en même temps au conseil régional, ce qui aurait permis de faire des économies. Or là, ce n’est pas le cas. Aujourd’hui nous sommes 39 et demain 42… Où sont les économies ? D’autre part, on déstabilise complètement  le conseil général. Plus de la moitié des conseillers généraux seront complètement nouveaux. On va également voir disparaître des vices-présidents actuels car ils se retrouvent à deux sur les nouveaux cantons. Résultat on va se priver de personnes d’expérience. Pour ce qui est de regrouper les cantons de Houdan et de Bonnières, selon une pure logique de territoire, c’est pas mal. Il s’agit de deux gros bourgs, entourés de beaucoup de communes rurales, qui font face aux mêmes problématiques, comme le transport par exemple, car nous sommes aux frontières de l’Eure-et-Loir et de l’Eure. Mais on peut regretter que ça ne soit pas le cas ailleurs. Qu’ont en commun Gambais et Aubergenville par exemple ? Enfin, on voit une manœuvre politique pointer derrière tout ça. Par construction du découpage, on va se retrouver avec beaucoup plus de conseillers généraux de gauche, en dépit du fait que la tendance des prochaines années ne sera pas favorable aux socialistes.»

• Canton de Chevreuse  :
Yves Vandewalle, conseiller général (UMP) de Chevreuse, estime que «c’est une réforme pour rien. Alors qu’on a  besoin de rationnaliser, de faire des économies, c’est raté». Sur le redécoupage de son canton, il est surpris de l’arrivée de Coignières «qui est dans la logique d’aménagement de Saint-Quentin-en-Yvelines» tout en regrettant le départ de Cernay. Yves Vandewalle s’interroge aussi sur la nouvelle dénomination du canton : «Le canton de Chevreuse, cela voulait dire quelque chose. Désormais, il s’appelle canton de Voisins-le-Bretonneux. C’est loin pour Les Essarts et Le Perray.» Par contre, en intégrant Le Perray et Les Essarts, il juge qu’il y une cohérence puisque ces deux communes font désormais partie du Parc naturel régional de la Vallée de Chevreuse.

• Canton de Montfort l’Amaury

Hervé Planchenault (UMP) : «C’est une disposition ridicule et néfaste à l’organisation de la gouvernance territoriale. C’est un charcutage à des fins politiciennes pour renforcer les bastions de gauche et favoriser les rivalités à droite. Dans le futur canton n°1, il y a un autre conseiller général, Laurent Richard, le maire de Maule… La démocratie ne sort pas grandie d’une telle affaire. D’autre part, le gouvernement prétend vouloir renforcer la cohérence territoriale. Qu’a en commun le secteur de Montfort l’Amaury avec Aubergenville ou Flins-sur-Seine ? Il n’existe aucune passerelle et nous n’avons pas les mêmes problématiques. L’objectif de cette réforme était également de réduire les coûts. Soit, mais dans les Yvelines, nous étions 39 conseillers généraux et nous allons passer à 42. Là encore, il y a de quoi se poser des questions. Tout cela est extrêmement navrant.»

• Canton de Montigny-le-Bretonneux  :

François Deligné (PS) : «La nouvelle carte des cantons des Yvelines présentée par Monsieur le Préfet, vendredi 29 novembre, en séance du conseil général respecte les principes de la loi ; elle me paraît juste et cohérente. Juste car elle établit une équité pour chacun des cantons en terme de poids démographique. En effet, aujourd’hui, le canton le plus petit du département – celui de Viroflay — compte 15 905 habitants contre 61 303 habitants pour le canton de Montigny-Guyancourt (le plus peuplé). Demain, avec la carte présentée par Monsieur le Préfet, les 21 cantons ne pourront pas s’écarter de plus de 20 % de la moyenne de population. Cohérente car elle prend en compte la notion de bassin de vie et ne coupe aucune commune — exceptée celle de Versailles, compte tenu de sa taille. Enfin, cohérente, car elle respecte une réelle continuité territoriale. A contrario, le découpage pour les élections législatives de 2012 — opéré par le ministre UMP Marleix —  est très discutable. Saint-Quentin-en-Yvelines est en effet découpée en trois circonscriptions et le rattachement de certaines communes au territoire de leur circonscription est parfois à la limite de la continuité territoriale. »

• Canton de Mantes
- Pierre Bédier, UMP : « Ce n’est pas un découpage mais un charcutage ! On voit bien que cette carte a été exclusivement faite en fonction des enjeux électoraux. En ce qui concerne le Mantois, c’est moins pire que ce que l’on aurait pu craindre. Mais ce n’est pas très cohérent quand on voit d’un côté, un canton qui fait des dizaines de km de long et un autre qui est limité à un espace urbain : 70 communes d’un côté et seulement 5 de l’autre ! Il aurait été préférable de prévoir une taille qui permette au conseiller général de visiter toutes les communes de son canton.
Sur le plan politique, on voit bien que l’on a voulu faire un canton de gauche et un canton de droite, au détriment des intérêts de la population. Mais ce qui se décide au ministère n’est pas toujours ce qui se passe sur le terrain. Ce sont les électeurs qui votent et qui donnent les résultats, c’est ce que l’on a pu voir aux dernières élections cantonales de Mantes-la-Jolie ».

- André Sylvestre, PS : « Nous avions des cantons comme Viroflay avec 15 000 habitants qui ne se justifiait plus et d’autres avec trop de population. Ce rééquilibrage permettra une représentativité plus juste avec des cantons qui resteront à taille humaine. Avec seulement 5 cinq femmes pour 39 élus, il était temps d’agir pour la parité. C’est une bonne chose. Globalement la gauche ne peut pas perdre beaucoup. En revanche, à droite on s’agite car il va falloir faire des choix ».

• Canton de Bonnières :

Didier Jouy, UMP : « C’est complètement ridicule. On devait faire des économies et à l’arrivée on se retrouve avec 42 conseillers au lieu de 39. Où est l’avantage ? Je ne fais pas de différences entre des élus hommes et des élues femmes. Je ne vois pas ce que cela va changer.
Pour ce qui est du nouveau canton, ce sera à Jean-Marie Tétart décidé de ce qu’il veut faire. C’est lui le député. »

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  1. MERCIER
    8 décembre 2013 07:38
    Désolé mais votre carte est trop petite, pas moyen de voir le nom des communes...... Où alors faites une résolution de meilleure qualité.
    Dommage.
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