Auffargis Une maison ouvre ses portes aux anciens détenus

Depuis 31 ans, la Fraternité du Bon Larron accueille d'anciens détenus à leur sortie de prison. Le but des bénévoles : éviter la récidive.

Dernière mise à jour : 03/04/2013 à 10:30

La Fraternité accueille d'anciens détenus sortant de prison. Les bénévoles les aident à se reconstruire.
La Fraternité accueille d'anciens détenus sortant de prison. Les bénévoles les aident à se reconstruire.

Les condamnés pour crimes et délits ont un taux de récidive de 46% dans les cinq années qui suivent leur sortie de prison. Cette statistique, la Fraternité du Bon Larron, installée à Auffargis tente de la combattre depuis 31 ans. Depuis que le Père Aubry décida d’installer dans une maison appartenant à l’évêché d’anciens détenus.
«Quand on rentre ici, on ressent le pardon. La prison c’est une tache que le détenu portera toute sa vie. Mais ici, on vous parle d’amour», explique Gérard, un ancien détenu, passé par la maison du Bon Larron. Il y est resté un an. «Il leur faut plusieurs mois pour se réhabituer à la vie dehors», estime Odile Bastide, la trésorière de l’association.

Un soutien en vue d’une réinsertion

La maison accueille ainsi quatre anciens détenus qui participent à hauteur de leurs moyens aux dépenses quotidiennes. «Cela me parait juste dès qu’il y a un petit revenu», estime Avelino, actuellement en séjour à Auffargis.
Outre le gîte et le couvert, l’association soutient les anciens détenus dans leurs démarches pour se réinsérer. Mais sans obligation. «Ici, j’ai l’impression qu’ils se sentent vraiment libres», estime Catherine Chombart, bénévole chargée du courrier. «On n’impose pas d’horaires, les menus sont faits en concertation avec les pensionnaires», ajoute Odile Bastide.
Si la religion est bien présente (chapelet dit deux fois par mois, messe célébrée par un prêtre à chaque conseil d’administration dans le petit oratoire, crucifix accroché dans la salle à manger…), les bénévoles assurent qu’il n’est pas nécessaire d’être un catholique pratiquant pour être accepté dans cette maison. «Il faut juste avoir un esprit ouvert. Et ne pas être d’office hostile à la religion», précise Béatrice Kiener, bénévole chargée de la communication de la Fraternité.
À la maison, siège social de l’association, il n’y a pas un jour sans qu’un bénévole passe. Notamment pour trier le courrier des 300 détenus et de leurs correspondants. «Les gens qui se décident à écrire à un détenu ne veulent pas forcément donner leurs adresses. Donc, ils écrivent ici, et nous transmettons», explique Catherine Chombart.

Une seule “rechute” en quinze ans

«Depuis quinze ans que je suis bénévole je ne connais qu’un seul détenu qui, après un séjour chez nous, est retourné en prison. Les problèmes de drogue et d’alcoolisme, il faut bien avouer que nous ne pouvons pas gérer. Ils ont besoin de soins, explique Béatrice Kiener. Et quand je vois tous ces couvents qui se vident, je me dis qu’on ferait bien d’y ouvrir des maisons comme la nôtre. A taille humaine.»
Une idée qu’elle tentera de promouvoir lors des journées de la Fraternité du Bon Larron qui auront lieu à Paris les 6 et 7 avril

Auffargis, 78

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